mardi, janvier 02, 2007

Il faut liberer le dissident Nguyên Vu-Binh

Ecrivain et journaliste vietnamien âgé de 38 ans, Nguyên Vu-Binh a été arrêté à Hanoi le 25.09.02. Neuf mois après, il avait été condamné pour "espionnage" à 7 ans d’emprisonnement, assortis de 3 ans d’assignation à résidence à l’issue de sa peine. Son procès n'a duré que 3 heures. Son crime, c’est d’avoir écrit et diffusé sur Internet depuis 2001 de nombreux articles plaidant pour l’instauration d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit. Parmi ses articles ‘’incriminés’’ figurent son témoignage sur les violations des droits de l’homme au Viêt-Nam.

Depuis 4 ans, ce cyber dissident est incarcéré au camp de travaux forcés de Ba Sao, dans la province de Nam Hà, au nord du Viêt-Nam, avec des prisonniers de droit commun.

Sa vie est en grand danger. L’épouse de Nguyên Vu-Binh, rapportait que son mari avait besoin d’un traitement urgent pour une douloureuse maladie intestinale chronique et souffre d’hypertension. Jusqu’à présent, le détenu malade n’a jamais eu accès à des soins médicaux adéquats alors que les conditions carcérales sont misérables.

Nguyên Vu-Binh est un ancien journaliste d’une publication officielle la Revue ‘’Communisme’’, une publication officielle du parti communiste vietnamien. Ce dernier le considérait comme ennemi du peuple après que Nguyên Vu-Binh eût choisi d’être journaliste indépendant. Nguyên Vu-Binh est l’auteur de nombreux textes diffusés sur Internet, depuis 2001, plaidant pour des réformes politiques et économiques dans le pays.

Comme beaucoup d’autres cyber dissidents vietnamiens, Nguyên Vu-Binh a été injustement emprisonné par un régime totalitaire pour n’avoir fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression et d’information.

Abus du système judiciaire pour incarcérer les dissidents
En vertu de la législation vietnamienne actuelle, les dissidents politiques pacifiques sont effectivement criminalisés puisqu’il n’y a pas de dispositions dans la loi qui permettent de faire la différence entre un dissident pacifique et un dissident non pacifique. En conséquence, ceux qui souhaitent exercer leurs droits à la liberté d’expression, d’opinion et d’association sont sujets au harcèlement, à l’arrestation et à l’emprisonnement.

Internet au Viêt-Nam
En décembre 1997, le Viêt-Nam s’est connecté à Internet et depuis, la popularité de ce média a fortement augmenté. On estime qu’il existe entre 4'000 et 5'000 cafés Internet et en mars 2005, l’accès à Internet avait atteint 6,5 millions de personnes, soit 7.89% de la population.

Internet a fourni aux personnes qui critiquent le gouvernement davantage d’occasions d’exprimer pacifiquement leurs opinions. Cependant, la relative facilité avec laquelle les voies dissidentes peuvent être retrouvées dans le cyberespace et l’absence de protection de la vie privée ont augmenté les risques d’arrestations et de poursuites en justice.

Le contrôle du réseau vietnamien s’est encore renforcé depuis le décret du 26.05.03, signé par le ministre des Postes et Télécommunications, sur l’administration et l’utilisation d’Internet. Ce décret a notamment créé un Centre de l’Internet vietnamien chargé de surveiller l’accès au Net. Cet organisme a la responsabilité d’enquêter sur les infractions au décret du 26.05.03 et de poursuivre en justice les contrevenants.

À l’heure actuelle, le Viêt-nam compte près de 2'000 sites bloqués. Six personnes sont emprisonnées dans le pays pour avoir publié des textes jugés subversifs sur la Toile: Trân Khuê, Nguyên Vu-Binh, Pham Hông-Son, Nguyên Khac-Toan, Lê Chi-Quang et Nguyên Dan-Quê.

Sources:
Reporters sans frontières: http://www.rsf.org/article.php3?id_article=8072
Reporters sans frontières Canada: http://www.rsfcanada.org/article.php3?id_article=495
Amnesty international (appel pour la libération de Nguyên Vu-Binh): http://web.amnesty.org/library/index/fraasa410192005
Human rights Geneva: http://www.humanrights-geneva.info/article.php3?id_article=983

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